Grand Cinema Yara

Calle G entre 25 y 27
En face de chez Copellia le meilleur glacier d'amérique latine

Quelques photos de Vedado...





La Havane 15 Août 2004 , 10h54


Vedado...Quand je pense que j'aurais pu vivre toute une vie sans jamais entendre ce nom.

Et pourtant, j'ai fait des rencontres dans ce quartier, où l'on trouve les meilleurs CASA PARTICULAR de la Havane (Maison d'hôte), qui ont réellement changé ma vision des choses et de la vie.
Je suis sorti plus humble, plus modeste, et avec la sensation de mieux apprécier encore la valeur des choses, la valeur de chaque chose.
Celle d'un gel douche, d'un bon repas, d'une essence parfumée, la valeur d'un simple dollar.
J'habitais entre le 25 et le 27 de la Calle G, un appartement plutôt agréable, mis à part qu'il était à proximité d'une station service.
Je n'ai jamais réussi lors de mon séjour de 3 semaines à la Havane à m'habituer à cette odeur toxique de carburant de mauvaise qualité.


J'ai rencontré Miguel, il répare votre cafetière ou votre lampe de chevet, contre quelques pesos cubains.
Son étalage se trouve sous un porche, devant la maison de Cecilia, un peintre doué mais visiblement pas très « nette », et vivant dans une misère incroyable.
Une pluie diluvienne, à fait que nos destins se sont croisés et entrechoqués plus de deux heures.
Miguel m'a expliqué être marié à une espagnole, qu'il n'avait pas vu depuis 1 an.
Il avait été renvoyé de Barcelone malgré son statut marital...
Et pourtant, il avait le sourire et restait positif.
Les orages devenaient de plus en plus violents, les gens couraient pour s'abriter, l'eau montait rapidement.

Les langues se déliaient sous le porche : on pouvait entendre des propos anti-castristes , des remontrances sur le socialisme...
La soif me tiraillait, Miguel me proposa un peu d'eau, Cecilia qui était à sa fenêtre me tendit un gobelet sale mais il était impossible de le refuser.
Au même moment, mon regard curieux entrevoyait l'intérieur exceptionnel de la demeure du peintre.

Je lui demandais si je pouvais photographier ce « décor » digne d'un plateau de cinéma.
Elle était flattée, mais avait honte de sa pauvreté et de la saleté.
Cependant, ce tableau exceptionnel mélangeait des styles des plus hétéroclites : Buddha, Jésus, Castro...tout le monde était là et me faisait bénir les cieux d'avoir tant gronder.

Dehors, la pluie s'était arrêtée. Je m'en voyais heureux, car l'ambiance et l'odeur âpre de la maison de Cécilia devenait oppressante.

Je la salua et la remercia de son accueil, j'en fis de même auprès de Miguel, lui promettant de repasser les voir avant mon départ.




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